samedi 3 novembre 2007

How I found a future

Voilà six semaines que je suis arrivé. Six semaines qu'il est déjà difficile de résumer ou de saisir en quelques phrases. Je suis ici pour quatre ans (le terme de mon doctorat), au bas mot. Il est rassurant de savoir où je serai dans quatre ans. A vrai dire, je crois n'avoir jamais été en mesure de prédire où j'allais être dans quatre ans avec ce degré de certitude. Géographiquement j'entends. Mais c'est aussi et surtout une toute nouvelle vie, une nouvelle aventure. Une aventure qui a véritablement commencé il y a six mois.

J'étais à Princeton, Etats-Unis, dans une autre vie, écrivant sur un autre blog. C'était au milieu de ma recherche de thèse. Je ne pensais pas à Oxford. Trop prestigieux. Un trop grand nom. Diplômé d'une école d'ingénieur française touchée du syndrome de l'anonymat, je me débattais déjà pour convaincre des institutions de moindre réputation de la valeur (hexagonale au moins) de mon diplôme. Et puis une amie de bon conseil, établie à l'époque en Angleterre me fit part de son envie d'Oxford, avant de me poser très simplement la question: pourquoi n'essaies-tu pas Oxford ? J'ai ri. Ou plutôt, j'ai écrit "lol" dans l'interface emmessennesque. Et puis l'idée a fait son chemin, et deux jours plus tard je me retrouvais à examiner la liste des programmes et départements de l'Université d'Oxford. Et je suis tombé sur un programme qui correspondait à s'y méprendre à ce que je cherchais. La première étape de la procédure de candidature était à ma portée. Envoyer un CV. La belle affaire! J'en avais une douzaine fin prêts à être envoyer. J'ai cliqué sur "Envoyer", sans me faire de fausses joies (je n'aime pas les fausses joies) et n'en ai parlé à personne.

L'avis positif du département pour une candidature complète est arrivée dans la foulée ... cinq jours avant la date limite de réception des dossiers, par la poste cette fois. J'ai cravaché pour monter un dossier en deux jours et l'ai confié à contrecoeur à Fedex. Deux semaines plus tard, j'avais décroché un entretien téléphonique. Là, seulement, j'ai commencé à y croire, voire m'y voir. Là, j'ai senti une pression à laquelle j'avais échappé jusque ici. J'étais à trente minutes de conversation téléphonique transatlantique avec quatre anglophones simultanément de décrocher une thèse taillée sur mesure, à Oxford qui plus est. Si près et un peu loin quand même aussi. J'ai passé cet entretien aux aurores, décalage horaire oblige, dans mon cubicle d'alors, avec étalées sur mon bureau des notes qui contenaient les réponses à toutes les questions possibles et envisageables, pensais-je. Pas tout à fait finalement. J'avais une bonne impression en raccrochant, et me suis efforcé de ne pas la ruiner en me rejouant mentalement le scénario de la conversation jusqu'à regretter et reformuler toutes mes réponses. J'ai échoué.

Deux jours plus tard, je recevais un email informel qui m'annonçait le succès de ma candidature. Après deux longues semaines, je tenais enfin la lettre de confirmation officielle et la garantie d'avoir, pour les quatre prochaines années, trouvé un futur.

Sam, in Oxford

1 commentaire:

Matt a dit…

Quelle emotion, j'en ai la larme a l'oeil, mes poils se herissent en pensant a ton parcours epique a travers la jungle de l'education ...

Et comment certains disent :

"I got into Oxford with a free education, and that makes me better than you"

In your face baby